Pourquoi désobéir est-il si difficile ?

Publié le par César du bar de la marine

Engagement - Soumission - Homme Libre et de bonnes moeurs - Autorité - Valeurs morales - Responsabilité - Contestation - Ethique - Légitimité - Révolte - etc...  sont autant de notions intellectuelles et de ressentis personnels  qui s'entrechoquent violemment en cette période de crise considérable de la GLNF.

 

 

 

Cet article d'Anaxagore s'efforce de nous éclairer sur nous-mêmes. 

Pour cela il prenant appui tant sur le fameux  Discours de la servitude volontaire de la Boétie, et sur la toute aussi fameuse expérience de Milgram, il s'efforce de nous expliquer l'inconfort que nous ressentons au fond de nous mêmes et l'incompréhension que nous avons face à des comportements "incohérents" de Frères, comportements que nous observons sans les comprendre.  

 



"Mes Frères nos sommes nombreux à mal vivre cette crise profonde de la GLNF,  du fait de l'inconfort que nous ressentons au fond de nous même ou de l'incompréhension que nous avons face aux comportements de frères  et par les comportements que nous observons autour de nous

 

 

« C’est un malheur extrême que d’être assujetti à un maître dont on ne peut jamais être assuré de la bonté, et qui a toujours le pouvoir d’être méchant quand il le voudra. »

 

Dans  les années 60, Stanley Milgram réalisait l’expérience éponyme devenue depuis célèbre dans le monde entier. En 2009, une chaîne de télévision reprenait en l’adaptant cette expérience, dans un documentaire intitulé « Le jeu de la mort ».

 

Ces deux expériences, ainsi que les nombreuses autres qui les ont encadrées, avaient pour objectif de déterminer le niveau d’obéissance d’un sujet à un ordre, même contraire à ses principes moraux, en d’autres termes, sa soumission à l’autorité.

 

Le principe consistait à faire poser par un sujet volontaire et sous le contrôle d’un expérimentateur, des questions à un « élève ». En cas de mauvaise réponse, le sujet devait envoyer des décharges électriques de plus en plus élevées à l’élève, jusqu’à un choc qualifié d’ « extrêmement dangereux » de 450 volts. L’expérimentateur et l’élève étaient en réalité des acteurs et les chocs électriques fictifs. Au fil de l’expérience, les mauvaises réponses devenaient de plus en plus nombreuses pour finir par être systématiques.

 

Tous les participants acceptèrent le principe de l’expérience et 62.5% des sujets de Milgram la menèrent à son terme (450 volts administrés par trois fois). Dans l’expérience télévisée, ce pourcentage est passé à 81%...

 

Les conclusions de Milgram ont été depuis lors largement analysées et commentés et sur le fond, jamais remises en cause.

 

Je me suis longtemps demandé si cette expérience était transposable à un domaine qui nous est bien plus familier, celui de la Franc-maçonnerie, et notamment au travers de la crise que traverse actuellement la GLNF.

 

Idée absurde ? pas si sûr,et pour tenter d’en avoir le cœur net, voyons si l’on peut tenter un rapprochement aux travers de cinq aspects de la question :

 

-          Autorité et légitimité

-          La déresponsabilisation

-          La soumission à l’autorité

-          Les processus de soumission

-          La désobéissance.

 

 

1- Autorité et légitimité

 

Vivre en société implique de se plier à un certain nombre de règles apprises. Elles le sont des l’enfance et selon les sociétés, les punitions et la coercition sont d’usage courant, car aucune société ne peut admettre de défi à son autorité.

 

Cet apprentissage est par ailleurs facilité par la reconnaissance de la légitimité de l’autorité, dans laquelle chacun peut se retrouver, car même si les individus peuvent diverger sur des croyances autonomes, ils se retrouvent sur un principe supérieur, celui de l’autorité légitime. Ce respect de l’autorité permet également une intégration aisée dans la hiérarchie.

 

Dans l’expérience de Milgram, comme dans le documentaire télévisé, le sujet est confronté à des règles qui, au moins au début, sont compatibles avec ses valeurs propres. Il va donc accepter le « contrat ». Mais, isolé dans une situation devenant progressivement conflictuelle, il va « oublier » ses principes initiaux pour adopter ceux de l’autre.

 

Il n’est au reste pas nécessaire d’employer un quelconque moyen de coercition : c’est ce que démontre le sociologue Jean-Léon Beauvais avec sa définition de l’emprise du système, qui explique comment des individus peuvent se soumettre en dehors de toute pression hiérarchique et de sanction.

 

Et en maçonnerie ? L’autorité du Grand Maître, est, dans les statuts, légitime : il est désigné, et sa candidature est ratifiée par des structures  régulières. Il est installé, afin que sa légitimité soit opposable à tous. De sa légitimité et des Statuts, il tire donc son autorité.

 

La reconnaissance individuelle de son autorité (et par voie de conséquence de sa légitimité) sera clairement établie lors de l’initiation d’un profane, c’est à dire au moment précis où un nouveau membre viendra rejoindre la Société et que débutera son éducation. Déjà quelque peu instruit et en accord avec la philosophie générale de l’Obédience,, il se verra néanmoins imposé un serment assujetti de pénalités terribles (mais aussi fictives que les chocs électriques de Milgram), et acceptera, entre autre difficulté, une obligation de silence, faisant en cela sien un principe de l’autre.

 

Son isolement physique (seul au centre de la Loge) participe à ce moment précis de l’emprise du système évoquée plus haut sur l’individu. A cette différence notable, s’agissant de Maçonnerie, il sera censé être libre et de bonnes mœurs et pouvoir jouir en permanence de son libre-arbitre.

 

De cette première approche, la question se pose de savoir si la responsabilité est du ressort exclusif de l’autorité, ou si au contraire, l’éthique personnelle doit primer sur l’autorité. En termes maçonniques la réponse semble se dessiner dans la prééminence de l’Ordre sur l’Obédience.

 

« Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? »

 

2- La déresponsabilisation

 

La disparition du sens de la responsabilité individuelle est, à n’en pas douter, la conséquence la plus grave de la soumission à l’autorité.

 

Dans l’univers maçonnique, où chacun se construit lui-même et pour lui-même au milieu des autres, il peut sembler paradoxal que nombre de Frères renoncent à exercer leur responsabilité individuelle.

 

Il s’agit pourtant de l’utilisation de schémas directement tirés de la vie profane et qui trouvent leur application directe dans la crise que traverse la GLNF. Sont ainsi évoquées l’impossibilité d’avoir une vue d’ensemble de la situation (ce qui ne peut se concevoir lorsqu’on se refuse à consulter tous les médias traitant de la crise, Myosotis, Brèves, Acacia…), la fuite en avant, car poursuivre dans la même direction rassure et valide toutes les démarches antérieures.

 

Plus inquiétantes sont les propensions à se rallier au groupe, même quand, selon ses propres critères on estime qu’il a tort, ou la notion de rationalisation (la justification   par ceux qui les commettent d’actes jugés a-normaux ne compte pas).

 

Ces prises de position entraînent dès la prise de conscience de la crise, un questionnement, qui va naturellement déboucher sur une certaine tension. La déresponsabilisation se maintiendra tant qu’il n’y aura pas chez le sujet de conflit entre le conformisme (nécessité d’adhérer au groupe) et la tension (sentiment d’insécurité).

 

Cet état est qualifié par S. Milgram d’état agentique, qui consiste à supporter tout ce que l’on fait contre ses valeurs, jusqu’au moment où des valeurs incompatibles prendront le dessus, et à déléguer sa propre responsabilité à une autorité supérieure. L’individu n’est plus autonome et Milgram le décrit comme « un agent exécutif d’une volonté étrangère ».

 

La traduction la plus répandue de état s’exprime par l’affirmation très répandue selon laquelle  « tant que l’on peut continuer à travailler dans sa Loge, tout cela ne nous concerne pas »

 

« Il est incroyable de voir comme le peuple, dès qu’il est assujetti, tombe soudain dans un si profond oubli de sa liberté qu’il lui est impossible de se réveiller pour la reconquérir : il sert si bien, et si volontiers, qu’on dirait  à le voir qu’il n’a pas seulement perdu sa liberté, mais bien gagné sa servitude. »

 

 

3- Les processus de soumission

 

« Car pour que les hommes, tant qu’ils sont des hommes se laissent assujettir, il faut de deux choses l’une : ou qu’ils y soient contraints, ou qu’ils y soient trompés. »

 

Revenons à l’expérience de Milgram. Au fil des  mauvaises réponses du faux élève, les chocs électriques sont devenus de plus en plus élevés. Au quatrième choc (150 volts), celui-ci supplie qu’on le libère. Le candidat va alors réagir en tentant par des rires nerveux et des plaisanteries d’extérioriser sa tension pour revenir vers l’obéissance en calmant ses questionnements. (Rappelons-nous les réactions  à une émission télévisée où François STIFANI déclarait : « Celui-ci, vu sa vêture, il doit faire partie de notre Secte. » Si certains s’en étaient trouvés heurtés, d’autres en avaient (pour un temps) souri…

 

A 180 volts, les premières tricheries apparaissent. Le sujet tente de contourner la règle du jeu par des désobéissances légères, comme certains s’affranchissent de tout ou partie de textes non fondamentaux (Toast du Tuileur volontairement incomplet, oubli de lectures de certaines ordonnances…). Paradoxalement, cette tentative de déculpabilisation renforce l’obéissance, car le sujet se sent mieux, puisqu’au travers d’une action qu’il juge positive, il maîtrise pour un temps son stress. Il ne s’exonère pourtant pas de sa responsabilité, puisqu’il ne pourra pas dire ultérieurement qu’il n’était pas impliqué dans le processus de soumission, car dans ce cas, il n’aurait pas triché.

 

A 300 volts, l’élève refuse de répondre. Le sujet choisit de nier l’élève, tout en entreprenant une négociation avec l’autorité : il commence à perdre le contrôle et manifeste la volonté d’en finir au plus vite. On retrouve là l’évolution de certains, notamment au fur et à mesure de la parution de projets d’évolution de l’Obédience présentés par l’autorité.

 

Dans l’expérience de Milgram, une partie des sujets a déclaré ne pas croire à la situation. Ils résolvaient ainsi leur conflit intérieur, par un recours habituel à la confiance en l’autorité, ce qui leur ôtait tout motif de stress. L’argument utilisé par François STIFANI selon lequel la GLNF n’est pas en proie à un conflit majeur, mais à une simple lutte pour le pouvoir vient naturellement à l’appui de cette technique.

 

Enfin, ceux qui tentaient d’obtenir une information plus large et plus diversifiée que la communication officielle de la GLNF, et qui y ont reconnu le bien-fondé des critiques émises se sont également trouvés dans une situation conflictuelle entre le non-renoncement à leur position de subordination et la mauvaise conscience développée à la lecture d’arguments auxquels ils adhéraient. 

 

Ils ont résolu ce conflit en ne poussant pas plus avant leur réflexion.

 

« Or ce tyran seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s’agit pas de lui  ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner. Pas besoin que le pays se mette en peine de ne rien faire pour soi, pourvu qu’il ne fasse rien contre soi. Ce sont donc les peuples eux-mêmes qui se laissent, ou plutôt qui se font malmener, puisqu’ils en seraient quittes en cessant de servir. C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge, qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug. »

 

 

 4- La soumission à l’autorité

 

Partant du principe qu’il vaut mieux se soumettre à une mauvaise décision qu’à prendre le risque d’ébranler un édifice social, nombre de sujets (et au cas présent de Frères) acceptent sans discussion une autorité en qui ils avaient placé leur confiance et qui s’est pourtant sciemment affranchie des règles.

 

Cette soumission est d’autant plus facile à appliquer en Maçonnerie, que nombre de Frères s’estiment liés par le désir (ou l’obligation) de tenir les engagements pris le premier jour, ou encore par leur volonté d’intégrer une place enviée dans la hiérarchie, la docilité étant synonyme de récompense quand la contestation implique le châtiment.

 

Pour certains, un conformisme confortable leur fait épouser ce qu’ils pensent être l’idée majoritaire, dans une obéissance aveugle qui les fait renoncer aux bénéfices de l’idéologie au profit de l’organisation.

 

Sont-ils tous à blâmer ? pas nécessairement, car ils ne sont pas tous également armés face au conditionnement mis en place par les dirigeants de la GLNF, qui déploient une large panoplie d’effets, de la proximité (je suis votre Guide Spirituel), aux techniques de dévalorisation (je préfère un Thierry Perrin à un Claude Seiler), ou de déresponsabilisation (j’ai pris acte du mécontentement, je tirerai les conséquences, j’organiserai une AG en juin, je mettrai en place les réformes…) ou aux injonctions,notamment émises souvent sous la forme de contre-vérités par les blogs officieux de la GLNF.

 

(Il n’est pas question ici d’aborder la position de ceux qui, au-delà de la soumission entreprennent une démarche d’acceptation active et qui n’auront comme autre mission que de faire adhérer les membres réfractaires à la position de l’autorité.)

 

« Ce n’est pas le tout de lui obéir, il faut encore lui complaire ; il faut qu’ils se rompent, se tourmentent, se tuent à traiter ses affaires et puisqu’ils ne se plaisent qu’à son plaisir, qu’ils sacrifient leur goût au sien, qu’ils forcent leur tempérament et dépouillent leur naturel. »

 

« Sourire à chacun et se méfier de tous, n’avoir ni ennemi ouvert ni ennemi assuré, montrer toujours un visage riant quand le cœur est transi ; ne peut pas pouvoir être joyeux, ni oser être triste ! »

 

Mais s’ils ont également un besoin d’exprimer leur action dans la continuité, pour se rassurer sur le bien-fondé de leur conduite antérieure, ils éprouvent aussi une difficulté majeure à transformer leurs convictions en actes. Et ils se sentent particulièrement désarmés face au contact direct  et directif de l’autorité (GMP ou Officiers Provinciaux porteurs de la parole officielle, intrusion de Brèves dans leur cercle intime…).

 

Il est par ailleurs extrêmement aisé d’accepter, voire de revendiquer cette soumission au prétexte que l’on est qu’un maillon intermédiaire ou inférieur ou sein de la chaîne et que les conséquences finales, -tellement éloignées-  ne peuvent ressortir de son action individuelle. Cette « fragmentation » permet en outre de ne pas se confronter à ses conséquences.

 

 

 

 

5- La désobéissance

 

 

« Or ce tyran seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abatte. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s’agit pas de lui ôter quelque chose,mais de ne rien lui donner. »

 

Elle va s’exprimer dans le chemin qui sépare le « je dois » du « je ne veux pas ». C’est pour la Société à l’intérieur de laquelle elle s’exprime l’infraction la plus grave, car elle est à la fois consciente et volontaire. Elle ne peut donc entraîner qu’une répression violente.

 

Dans ce sens François STIFANI n’avait d’autre choix que de sanctionner durement ceux qui se sont levés le 4 décembre. Une éventuelle médiation lui était interdite, car elle aurait ouvert une brèche dans la soumission à l’autorité, et attenté au pouvoir absolu dont il se prévaut. Cette tentative d’ouverture ne peut par ailleurs exister que dans les systèmes où existe un véritable contre-pouvoir.

 

Pour maintenir ses sujets en situation de soumission, le pouvoir aura recours à l’injonction (si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi) voire même à l’anathème contre ceux qu’il qualifiera de déviants (Acacia, Gardiens du Temple).

 

Ce système poussé à son paroxysme précipitera l’entrée des sujets dans une logique binaire de valeurs incompatibles, entre un système légal auquel se réfèrent les dirigeants et un système moral, qui reste la valeur de référence du sujet, mais auquel ses dirigeants ne lui semblent plus adhérer.

 

C’est de la résolution de ce système que naîtront progressivement le doute, son extériorisation, puis la désapprobation. Viendront ensuite la menace du refus d’obéissance puis l’affrontement et enfin la désobéissance, qui n’est rien d’autre que la contestation des règles établies.

 

Ce cheminement demandera un effort psychique considérable, car il obligera le sujet à se mettre en marge d’un système auquel il a adhéré solennellement (par serment), au risque de subir les pénalités prévues, soit administratives (sanction, exclusion) soit morales (réprobation d’un grand nombre de Frères).

 

Bien que libérateur des tensions accumulées, il n’en restera pas moins particulièrement anxiogène.

 

Pour autant, mis en œuvre par une minorité, il ne doit pas, selon Milgram être considéré comme une démarche négative, mais bien au contraire positive, car allant dans le sens du dénouement de la crise.

 

Il semble donc que, paradoxe d’un système ou le libre-arbitre devrait toujours se poser en maître, la GLNF  n’ait pas su –ou plutôt pas voulu- mettre ses Membres à l’abri de cette soumission à son autorité. Autant le respect de l’autorité est un devoir librement consenti de chaque Maçon, autant la seule idée de soumission devrait horrifier les 43 500 Membres de l’Obédience.

 

C’est aujourd’hui loin d’être le cas, puisqu’avec une perversité absolue, on a pu entendre nombre de tenants de l’équipe dirigeante actuelle déclarer « On se soumet ou on se démet » !

 

S’il s’agit d’une soumission en échange de contreparties, le procédé est malheureusement humain, et ceux qui prônent de tels comportements n’ont pas grand-chose à faire en Maçonnerie. Poser le débat sur le seul plan d’une confrontation qui contient le présupposé de leur reniement, place ceux à qui il s’adresse dans une situation impossible, car le postulat de base est volontairement faussé par l’amalgame fait entre l’Ordre et l’Obédience.

 

Autre amalgame, celui largement répandu entre la contestation d’une autorité qui a perdu sa légitimité et les conséquences de la contestation.  Ce mélange des genres, est au demeurant cohérent avec le discours de l’autorité, puisqu’elle n’incarne plus les valeurs dans lesquelles elle se reconnaissait et était légitimement reconnue, mais uniquement ses propres déviances.

 

Pour l’observateur attentif, il ne fait aucun doute que ce discours n’a d’autre fonction que de surprendre la bonne foi de ses auditeurs, et de leur transférer, au cas présent la responsabilité d’une explosion de la GLNF, qui si elle reste parfaitement chimérique à le mérite pour ses promoteurs de culpabiliser nombre de Frères.

 

Entre la désobéissance, acte grave de remise en cause d’un système dévoyé, mais qui implique également une remise en cause personnelle particulièrement anxiogène, et l’adhésion, par conviction ou par opportunité, à un système qui s’est perverti, nombre de Frères ont ainsi choisi cette troisième voie, celle de la soumission à l’autorité.

 

On a vu qu’il était difficile de transformer ses convictions en actes. Certes mais, au nom de quoi un véritable Maçon s’abstiendrait-il aujourd’hui ?

 

 

« Apprenons donc ; apprenons à bien faire. Levons les yeux vers le ciel pour notre honneur ou pour l’amour de la vertu, mieux encore, pour ceux du Dieu tout-puissant, fidèle témoin de nos actes et juge de nos fautes. Pour moi, je pense –et je ne crois pas me tromper- puisque rien n’est plus contraire à un Dieu bon et libéral que la tyrannie, qu’il réserve là-bas tout exprès pour les tyrans et leurs complices quelque peine particulière. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Shalom 13/10/2010 09:10


Comment cela a pu arriver, mon frère Tello Martius??
C'est inscrit dans le rituel du 3°.
Les 3 mauvais compagnons de l'homme sont en nous en permanence et toujours prêts à se réveiller si le MAÎTRE (en nous) s'endort ou se laisse tuer.
L'ignorance d'abord, au sens de l'absence de conscience, car sans conscience, le maître ne peut nous gouverner.
Puis l'orgueil qui nous empêche de comprendre que nous ne faisons qu'un avec toute l'humanité et que toutes nos capacités nous viennent d'en-haut. L'égo nous aveugle , nous rend égoïste et
méprisant envers les autres.
Pour les mêmes raisons, l'ambition nous laisse croire que nous devons passer devant les autres au lieu de nous faire simplement collaborer au plan divin à la juste mesure de nos moyens car
"l'ambition dont on a pas les moyens est un crime" a dit le sage.
en d'autres termes, nous devons régulièrement consulter notre miroir (c'est pour cela que nous ne pouvons nous prévaloir d'être maçons et que c'est seulement nos FF qui peuvent nous reconnaître)
car c'est de cet exercice quotidien que peut naître un peu plus de conscience, un peu plus de lumière.
Petite anecdote : La concierge du n° xx de la rue Wagram raconte que son locataire du 1er étage a fait refaire sa salle de bain à grands frais. Quand tout fut fini, il est arrivé en grande pompe,
encadré de ses gardes du corps et a voulu se regarder dans le grand miroir qui occupait tout un mur. Au moment où son regard a croisé le regard du miroir, le miroir s'est fissuré et a fini par
exploser!!
La concierge affirme qu'après une grosse colère envers le miroitier, envers les gardes du corps (qui ont été immédiatement remplacés pour avoir assisté à l'incident), envers elle-même pour on ne
sait quelle raison, il a fait remplacer le miroir par un grand poster de son buste décoré de toutes ses breloques. Depuis, il se regardait tous les jours devant ce poster et il parait qu'à présent
le poster est masqué par une tenture car au fur et à mesure que le temps passe, le portrait s'enlaidit de jours en jours et devient si laid que lui-même n'ose plus le regarder sans faire de
cauchemar.
Gageons que le fantôme d'Oscar Wilde hante ces lieux.
Shalom, Salam, Pax Vobis


César du bar de la marine 13/10/2010 16:35



On est bien confronté aux trois mauvais compagnons !



Telo Martius 13/10/2010 00:26


Mes BBAAFF,

Cette très belle planche, ce très beau morceau d’architecture m’interpelle.

Une question me taraude l’esprit : Tous ces convertis à la religion métallique du Grand Malin, avides des hochets et des promotions rapides, ont « presque » tous suivi la longue voie initiatique de
la FM. Comment ont-ils pu faire abstraction de toutes nos traditions séculaires, allant jusqu’à renier le comportement vertueux que doit obligatoirement avoir un MM ?

Subsidiairement, une petite seconde question : comment ont-ils pu changer à ce point, se détacher de l’enseignement traditionnel, devenir ténébreux et malveillants, mais comment diable ont-ils pu
passer du côté de la « Force Obscure » (Star Wars) en acceptant, sans broncher, les manipulations mentales, leurs mises sous contrôle de leurs pensées et actes, bref, de leur Libertés ?

J’abuse, je sais, mais une troisième toute petite question : comment peuvent-ils tolérer, et pire, soutenir une personne fermée à toute discussion, prompte à rejeter autrui, à le mépriser et à le
catégoriser, voire à le « chiffrer » pour justifier des « pertes » dues à une concurrence déloyale ?

Malgré l’exigence d’être tolérant, d’avoir de la compassion, d’accepter la différence, ce qui est le minimum pour un FM, il ne peut y en avoir pour de tels comportements.

Ne devrait-on pas signaler à la « Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires » (MIVILUDES) ce naufrage de l’autorité illégitime ainsi que tous ces lavages de
cerveaux ?

Prenons tous, mes FF, courageusement la décision d’agir dans la « désobéissance civile » pour rompre les chaines de la soumission servile et, tête haute, soyons fiers d’être libres et de bonnes
mœurs face au peloton d’exécution (avec des balles rouillées pour mourir du tétanos) de Sekhmet qui détruisit l’humanité (Les vrais FM en l’occurrence). Duale, elle était aussi vénérée pour son
pouvoir de protection et de guérison (les nominations et sa démission).

3FraterBiz

Telo Martius


César du bar de la marine 13/10/2010 08:11



Ce système GLNF qui s'est progressivement perverti  et dont nous prenons conscience, va nécessiter un long parcours de réflexion. Il faudra aborder notre propre comportement
droit dans les yeux



yoda.83 12/10/2010 18:32


C'est déjà fait, mais mon anxiété grandie car les FF que je côtoie sont déstabilisés par les arguments tenus par les GOP, notamment lors de la tenue provinciale.


César du bar de la marine 12/10/2010 22:01



Les GMP et nombres de d'OP sont d'excellents exemples de la soumission à la structure (qui leur apporte le statut social et le confort) : dans leur immense majorité ils critiquent
STIFANI et en disent à qui veut les entendre qu'il est un fou dangereux. MAIS ils continuent à collaborer et se soumettre et tous les arguments les plus incroyables sont bons pour justifier cette
dissonance cognitive ENORME.



yoda83 12/10/2010 17:22


Beau travail d'analyse si seulement tous les soumis malheureux pouvaient lire et comprendre.
Merci


César du bar de la marine 12/10/2010 18:06



Tu peux diffuser mon Frère à ceux autour de toi dont tu penses que cela leur utile.